À la fin du mois de novembre, loin de la chaleur des Antilles, un peu de Guadeloupe s’est invité sur les hauteurs du Var.
Pour la première fois, Grégory Buchholzer a pris le départ d’un rallye du Championnat de France. Et pas n’importe lequel : le Rallye du Var, épreuve de clôture de la saison, véritable rendez-vous mythique du calendrier.
Au volant d’une Citroën C3 Rally2 engagée par Arc Auto Compétition, accompagné par le copilote Benjamin Veillas, le pilote MEKASPORT était venu chercher autre chose qu’un simple résultat : une plongée directe dans le très haut niveau, pour mesurer le chemin parcouru… et celui qui reste à accomplir.
Pour Grégory, l’aventure commence bien avant le premier chrono.
Quitter la Guadeloupe, poser les valises sur la Côte d’Azur, découvrir le parc d’assistance de Sainte-Maxime avec les plus grands noms du rallye français : l’expérience est déjà forte avant même que la C3 Rally2 ne sorte du camion.
La journée de reconnaissances donne le ton. Les routes du massif des Maures, étroites, rapides, parfois piégeuses, n’ont rien à voir avec les spéciales des rallyes caribéens. Les notes s’enchaînent, Gregory dicte, Benjamin note, ils corrigent, affinent.
En arrière-plan, un contraste marquant : asphalte froid, température matinale bien en dessous de ce qu’ils connaissent aux Antilles, mais la motivation est au plus haut.
Le jour du départ, l’ambiance change. Cette fois, la Citroën C3 Rally2 prend sa place dans la file des voitures de pointe. Autour, des pilotes habitués à ce niveau, des références du CFR, des Rally2 alignées par des équipes expérimentées.
L’objectif est clair dès le départ :
pas de folie,
pas de pression de résultat,
mais une volonté : rouler proprement, comprendre la voiture sur ce type de route et se situer.
Les premières spéciales permettent de décoincer la nervosité. Grégory et Benjamin trouvent leur rythme, découvrent le grip, ajustent les notes. Les chronos servent surtout de repères, de base de travail. Dans l’habitacle, le sourire revient vite : le plaisir de piloter est bien là.
Au fil des kilomètres, le duo gagne en confiance. Les freinages sont mieux dosés, les trajectoires plus naturelles, les enchaînements plus fluides.
Mais le Rallye du Var reste fidèle à sa réputation : il ne pardonne pas grand-chose.
L’après-midi, quelques petites erreurs viennent rappeler que tout est nouveau : nouvelles routes, nouvelle voiture, nouveau niveau de concurrence. L’essentiel, pourtant, est ailleurs : engranger de l’expérience, voir où il est possible de progresser, comprendre ce qu’exige une finale de Championnat de France en termes de rythme et de précision.
Dans le stand, l’équipe Arc Auto Compétition joue un rôle clé. Ils analysent les vidéos, les données, les sensations du pilote. Ils ajuste certains réglages, ils conseillent, et rassurent.
Benjamin Veillas, avec son vécu au plus haut niveau, accompagne Grégory dans chaque décision : choix de pneus, gestion de la concentration, préparation des spéciales suivantes.
Comme souvent en sport mécanique, tout ne se termine pas exactement comme on l’aurait rêvé.
La dernière journée ne donnera pas l’issue espérée, mais elle ne remet pas en cause l’essentiel : ce Rallye du Var restera comme une étape importante dans la progression de Grégory.
Pas de gros coup d’éclat au classement général, pas de “temps canon” à afficher en gros titre… mais quelque chose de plus précieux pour la suite : une vision concrète du niveau requis, des axes de travail, et la confirmation que le projet a sa place à ce niveau.
À l’arrivée, le pilote MEKASPORT résume le week-end en quelques mots :
“Ce n’est pas la fin que j’avais en tête, mais c’est une expérience énorme. On a beaucoup appris, on sait mieux où on en est, et surtout : on a envie de revenir.”
Derrière le casque et le volant, il y a tout un groupe.
Grégory tient à mettre en avant Arc Auto Compétition, qui lui a mis à disposition une C3 Rally2 performante et parfaitement préparée. Il remercie aussi Benjamin, pour son investissement sur et en dehors des spéciales, ainsi que les ouvreurs et toute l’équipe qui travaille dans l’ombre.
Les partenaires qui soutiennent le programme sont aussi au cœur du projet. Sans eux, pas de déplacement en métropole, pas de participation à une telle épreuve, pas de vitrine sur un rallye aussi médiatisé que le Var. Ce rallye, même sans résultat marquant à l’arrivée, reste une exposition forte pour l’ensemble des marques et structures qui lui font confiance.
Le Rallye du Var n’était pas une “parenthèse exotique” pour un pilote venu de Guadeloupe.
C’était un test grandeur nature, une marche de plus dans un projet construit étape par étape.
Cette première participation à une finale du Championnat de France ne clot pas une histoire : elle en ouvre une nouvelle. Avec, en ligne de mire, l’envie de revenir sur l’Hexagone avec davantage de repères, de rythme, et une ambition sportive renforcée.
Une chose est sûre : ce premier Var ne sera pas le dernier chapitre. Et si l’on en croit les mots de Grégory, la suite est déjà dans un coin de sa tête :
“On reviendra plus forts.”


