24H du Nürburgring 2026 : MEKAeSport transforme une 32e place sur la grille en un Top 7 d’exception

L’enfer vert ne pardonne rien. MEKAeSport l’a pourtant dompté.

Il y a des courses qui se jouent à la vitesse pure.
Et puis il y a les 24 Heures du Nürburgring.

Une épreuve où la performance brute ne suffit jamais. Où la moindre erreur peut ruiner des mois de préparation. Où le trafic devient un adversaire à part entière. Où l’endurance mentale compte parfois davantage qu’un dixième gagné dans un virage.

Ce week-end, sur la mythique Nordschleife d’iRacing, MEKAeSport est allé chercher bien plus qu’un simple résultat.
Partie seulement 32e sur la grille dans un split particulièrement relevé, la structure composée de Romaim RATEAU, Mickael MONTOUT et Kévin VIEMONT a signé une remontée impressionnante jusqu’à la 7e place finale au terme de 24 heures d’une maîtrise presque chirurgicale.

Une performance construite dans l’ombre, loin des coups d’éclat inutiles.
À la régulière.
Tour après tour.
Relais après relais.

Un départ sous tension dans une meute incontrôlable

Sur la Nordschleife, les premiers kilomètres ressemblent rarement à une mise en route progressive. Dès l’extinction des feux, le peloton s’étire dans une tension permanente, coincé entre agressivité, trafic et pièges du tracé allemand.

Au volant pour le départ, Romaim RATEAU fait immédiatement le choix de la prudence. Un choix assumé… mais coûteux.

« Le peloton était très dense et tout le monde était très excité. Les pilotes autour de moi me paraissaient un peu trop optimistes dans leur pilotage », explique-t-il après la course.

Dans les premiers virages, MEKAeSport perd plusieurs positions et recule rapidement hors du top 35. Pire encore, quelques contacts légers endommagent les pare-chocs avant et arrière de la Porsche, avec plusieurs secondes perdues au tour.

À cet instant, beaucoup d’équipes auraient cherché à réagir dans l’urgence.
mais l’équipe MEKAeSport, elle, choisit l’intelligence.

Le pari stratégique qui change la course

Dès la fin du premier tour complet, Romaim sent que la situation devient dangereuse. Le trafic est dense, les batailles incessantes et le rythme haché.

La décision tombe alors dans la longue ligne droite de Döttinger Höhe : anticiper l’arrêt au stand et décaler complètement la stratégie.

Un choix audacieux.

L’objectif est simple : sortir du trafic et retrouver de l’air propre pour enchaîner les tours sans perdre de temps dans des luttes inutiles.

« Je voyais qu’on perdait énormément de temps. Entre le pilote devant qui bloquait tout et celui derrière qui devenait impatient, on s’enfermait dans une mauvaise dynamique. »

Le plan ne fonctionne pas immédiatement à 100 %. Les dégâts aérodynamiques pénalisent encore la voiture, mais la stratégie produit rapidement ses effets.

Pendant que certains concurrents s’accrochent ou s’enlisent dans des batailles permanentes, la Porsche MEKAeSport commence sa remontée dans l’ombre.

Au terme du triple relais de Romaim, l’équipe est déjà remontée aux alentours de la 22e position.

La course vient de basculer.

Une remontée construite sur la constance

Lorsque Mickael MONTOUT récupère le volant, la mission est claire : maintenir le rythme sans compromettre l’intégrité de la voiture.

Dans une épreuve de 24 heures, chaque contact peut devenir une catastrophe différée. Le pilote MEKAeSport l’a parfaitement compris.

« Ma première directive était de conserver la voiture en parfait état de marche tout en gardant un rythme soutenu. »

Tour après tour, le rythme devient plus solide. La voiture progresse méthodiquement dans le classement pendant que d’autres équipes commencent déjà à payer leurs erreurs.

C’est là toute la force des courses d’endurance : les écarts ne se créent pas toujours dans les dépassements spectaculaires, mais dans la capacité à éviter les erreurs invisibles.

À mi-course, grâce au jeu des stratégies décalées, MEKAeSport pointe aux portes du top 10.

L’idée d’un gros résultat commence alors à prendre forme dans le stand virtuel.

« La perspective du top 10 a complètement reboosté l’équipe », raconte Mickael MONTOUT. « On a senti qu’il y avait quelque chose à aller chercher. »

La nuit change tout

Comme souvent au Nürburgring, la nuit devient un tournant.

La piste refroidit. Le grip augmente. Le trafic se fluidifie légèrement. Et certains pilotes commencent à craquer mentalement après plus de dix heures de course.

C’est dans ce contexte que Romaim RATEAU réalise probablement son relais le plus important du week-end.

Reparti autour de la 10e place, il parvient à remonter jusqu’en P8 tout en adaptant totalement son pilotage pour économiser du carburant.

Un exercice particulièrement délicat sur la Nordschleife.

« Il fallait pousser tout en économisant suffisamment d’essence pour faire un tour supplémentaire sur les relais. »

L’équilibre est subtil. Trop attaquer détruit la consommation. Trop économiser fait perdre du rythme.
Mais progressivement, le pilote trouve la fenêtre idéale.

Le gain est immense : un arrêt au stand économisé.

Une minute entière récupérée.

Dans une 24 Heures, cela peut représenter un gouffre.

Les dernières heures : le combat contre soi-même

À mesure que l’aube approche, la physionomie de la course change complètement.

Devant, les positions semblent figées.
Derrière, les écarts se stabilisent.

MEKAeSport s’installe solidement dans le top 8.

À 18h30 de course, l’équipe contrôle désormais son rythme. La stratégie finale se dessine clairement : ne prendre aucun risque inutile et ramener la voiture à l’arrivée.

Mais c’est souvent à cet instant que l’endurance devient la plus difficile mentalement.

« Les dernières heures sont paradoxales », analyse Kévin VIEMONT. « On sait que le résultat est presque figé… mais c’est aussi là qu’une erreur peut tout ruiner. »

La pression devient silencieuse.

Chaque freinage compte.
Chaque dépassement sur une GT plus lente devient un piège potentiel.
Chaque vibreur agressif peut envoyer 20 heures d’efforts dans le rail.

MEKAeSport refuse pourtant de céder à la nervosité.

L’équipe reste fidèle à sa philosophie depuis le départ : régularité, discipline et confiance collective.

Une force collective avant tout

Lorsque le drapeau à damier tombe finalement sur la Nordschleife, la Porsche MEKAeSport franchit la ligne en 7e position.

Une performance majeure compte tenu de la grille de départ.

Mais au-delà du résultat brut, ce Top 7 raconte surtout quelque chose de plus profond sur cette équipe.

« On n’était probablement pas les plus rapides sur un tour », reconnaît Kévin VIEMONT. « Mais on était certainement l’équipe la plus homogène du split. »

C’est sans doute là que réside toute la réussite de MEKAeSport.

Pas dans l’exploit isolé.
Pas dans le coup de génie spectaculaire.
Mais dans cette capacité rare à rester constants pendant 24 heures sur l’un des circuits les plus exigeants du monde.

Pendant que d’autres s’effondraient sous la pression, MEKAeSport continuait simplement d’avancer.

Encore.
Et encore.

Jusqu’au top 7.

Le Nürburgring comme confirmation

Cette édition 2026 des 24H du Nürburgring restera comme une démonstration de maturité pour la structure.

Une course intelligente.
Une stratégie maîtrisée.
Un trio parfaitement complémentaire.

Et surtout, une preuve supplémentaire que dans l’endurance virtuelle moderne, la régularité reste l’arme la plus redoutable.

Pour MEKAeSport, cette 7e place a presque le goût d’une victoire.

Parce qu’au Nürburgring, finir est déjà un exploit.
Et remonter de la 32e à la 7e place relève tout simplement d’un week-end référence.