24 Heures de Daytona iRacing 2026

MEKAeSport, Retour aux sources : Endurance de 24H

Il y a des épreuves qui marquent une saison. D’autres qui marquent une équipe. Et puis il y a celles qui marquent l’Histoire.
Les 24 Heures de Daytona iRacing appartiennent sans conteste à cette dernière catégorie.

Engagée dans l’un des événements les plus exigeants du calendrier du simracing mondial, l’équipe MEKAeSport retrouvait l’endurance après près de deux ans d’absence sur ce format si particulier. Une reprise sans objectif chiffré, mais avec une ambition claire : renouer avec l’esprit des grandes courses, tester la solidité du collectif, et aller au bout… coûte que coûte.

Daytona, temple de l’endurance… même en virtuel

Sur iRacing, les 24 Heures de Daytona ne sont pas une simple course longue. C’est un marathon nerveux, technique et humain, disputé sur le mythique Daytona International Speedway, avec ses virages relevés, son infield piégeux et son légendaire Bus Stop, juge de paix de tant de batailles.

L’édition 2026 a une nouvelle fois rassemblé plus de 104 splits sur l’ensemble du week-end des 15 /16 et 17 janvier, preuve de l’attractivité et du niveau exceptionnel de l’événement. MEKAeSport est propulsé dans le split 13 du time slot européen, un environnement déjà extrêmement relevé, avec un Strength of Field supérieur à 3000 d’iRating. Autant dire qu’ici, chaque erreur se paie comptant.

Trois pilotes, une seule voiture, une même vision

Pour ce retour à l’endurance, MEKAeSport s’appuie sur un trio complémentaire :

  • Romaim Rateau, pilier du team, habitué des formats longs et référence en rythme pur

  • Kévin Viemont, régulier, fiable, et redoutable gestionnaire de trafic

  • Thomas Siros, le moins expérimenté du trio en endurance, mais solide, appliqué et en constante progression

Le choix de la monture se porte sur une valeur sûre : la Porsche 911 GT3 R (992), engagée en catégorie GT3, au cœur d’un peloton dense et extrêmement homogène.

Deux mois de préparation, sans faux-semblants

La décision est prise début novembre : 2026 marquera le grand retour de MEKAeSport sur les courses de 24 heures. Après deux années focalisées sur des formats sprint, l’équipe ressent le besoin de se retrouver sur des projets longs, plus exigeants humainement.

Pendant deux mois, l’équipe travaille sans précipitation : roulage en conditions de course, gestion du trafic multi-catégories, relais longs, validation des setups, et surtout… retour des automatismes humains.
Pas de pression inutile, pas d’objectif de classement annoncé. L’idée est simple : prendre du plaisir, éviter les erreurs majeures, et voir jusqu’où le collectif peut aller.

Le départ : intelligence avant agressivité

C’est Kévin Viemont qui est désigné pour prendre le départ. Un choix logique. Dans le tumulte des premiers tours, il faut savoir lever le pied quand d’autres s’enflamment.

Partie 32e sur la grille après des qualifications manquées, la Porsche noire, blanche et rouge de MEKAeSport s’élance dans un trafic dense, déjà saturé par les différences de rythme entre GT3, LMP2 et GTP.
Kévin enchaîne trois relais consécutifs, gère parfaitement les dépassements, anticipe les trajectoires des prototypes, et installe l’équipe dans un rythme sain.

Mais Daytona aime bien rappeler son côté cruel dans ce genre d’épreuve.

Le premier coup dur : quand tout bascule en quelques secondes

Dans le Bus Stop, lors de son deuxième relais, Kévin commet une petite erreur. La Porsche part en tête-à-queue… mais le miracle se produit : il parvient à rattraper la voiture, sans dégât. Un soulagement de courte durée.

Un prototype GTP, lui aussi en difficulté au même moment, arrive sans contrôle et percute violemment la Porsche. Verdict : dégâts sur le train avant de la Porsche MEKAeSport, retour au stand obligatoire, 7 minutes 30 de réparations.
À Daytona, cela représente 4 à 5 tours perdus. L’équipe est reléguée loin dans le classement GT3.

Pour beaucoup, la course s’arrêterait là… Pas pour MEKAeSport.

La nuit, la déconnexion… et le doute

Après un triple relais solide de Romaim Rateau, puis un autre triple relais assuré par Thomas Siros, la nuit tombe sur Daytona. Les écrans s’assombrissent, la fatigue commence à s’installer.

C’est au moment où Romaim doit reprendre le volant après Kévin, qu’un nouveau coup du sort frappe : déconnexion de serveur dès le tour de sortie des stands.
Le temps de comprendre, d’appliquer la procédure de « tow-in », et de réorganiser la stratégie, plusieurs minutes s’envolent.
Kévin doit repartir pour un relais supplémentaire non prévu.

Pourtant, dans les communications, personne ne s’effondre. Le mot d’ordre est clair : continuer, rouler propre, et repartir à la chasse des places perdues dans cet incident.

Romaim Rateau :

« Au moment où je reprends enfin le volant la nuit, après que Kévin a dû me remplacer à cause de ma déconnexion du serveur, je me suis calé dans une bulle. Là, tout était parfait. La voiture était une fusée et j’enchaînais les tours sur un rythme hallucinant.
Au début de ce relais, on se battait pour la 14e place avec les 14e, 15e et 16e, et les positions se jouaient sur des arrêts aux stands à des moments différents.
Quand j’ai laissé la voiture à TomZ, on était installé en 14e position avec l’avantage stratégique des arrêts. J’étais trop heureux d’avoir créé ce gap et de lui permettre de reprendre le volant avec un peu moins de pression. »

La remontée : reconstruire plutôt que briller

À ce stade de la course, il n’est plus question de regarder le classement à chaque tour.
Les deux incidents ont laissé des traces, et la priorité est claire : remettre la voiture dans une course propre, stable, et exploiter chaque relais sans prendre de risques inutiles.

Le rythme est bien présent. Romaim et Kévin évoluent sur des chronos très solides en GT3, régulièrement parmi les références de leur catégorie sur certaines séquences, mais la remontée ne se fait pas à coups de dépassements spectaculaires. Elle se construit dans le temps, à la faveur d’une stratégie maîtrisée, d’arrêts aux stands décalés, et d’une régularité que peu d’équipes parviennent à maintenir sur la durée.

Thomas, de son côté, ne se contente pas d’assurer. S’il reste légèrement en retrait sur le rythme moyen de l’équipage, il signe néanmoins plusieurs très bons chronos, dont le deuxième meilleur temps du trio. Une performance rendue possible par un tour parfaitement exécuté, combiné à une aspiration idéale dans la partie ovale, mais qui témoigne surtout de sa capacité à exploiter pleinement les conditions lorsqu’elles se présentent.
Au-delà du chrono pur, ses relais sont propres, constants et sans erreur, un élément déterminant dans la dynamique globale de l’équipe.

Au fil des heures, sans bruit, la Porsche MEKAeSport regagne du terrain.
Pas une remontée fulgurante, mais une progression lucide, construite.
Et au lever du jour, le classement commence enfin à refléter la réalité du terrain : la voiture est de retour dans le top 15 GT3.

Thomas Siros :

« Globalement, je suis très content de la performance du team, surtout dans un split de ce niveau. Très heureux de mes premières 24 heures.
J’ai pu identifier les points à travailler pour les prochaines épreuves, mais le plus important reste l’ambiance incroyable que nous avons eu dans l’équipe tout au long de l’événement, malgré les coups durs qui auraient pu tout changer. »

Les dernières heures : lucidité et maîtrise

À Daytona, les dernières heures sont souvent les plus dangereuses. La fatigue est maximale, la concentration fragile, et la tentation d’attaquer trop fort bien réelle.

MEKAeSport fait le choix inverse : maîtrise, communication, et gestion du risque.
Kévin enchaîne un quadruple relais d’une rare propreté.
Thomas assure un nouveau triple relais sans faute.
Romaim prend enfin le volant pour conclure la course, avec un double relais et demi parfaitement exécuté.

Kévin Viemont :

« L’ambiance durant ces 24 heures était top. Chacun a su faire le travail sans besoin de spotting constant, et on sait qu’à Daytona en GT3, la gestion du trafic est primordiale.
Et puis… je vais demander au circuit de Daytona de m’envoyer un morceau du vibreur du Bus Stop ! » (rires)

P12 : bien plus qu’un classement

Après 24 heures de course, MEKAeSport franchit la ligne d’arrivée 12e de sa catégorie GT3, après être partie 32e et avoir subi deux incidents majeurs.

Un résultat qui ne raconte qu’une partie de l’histoire.
Car au-delà du classement, c’est le retour réussi à l’endurance, la solidité mentale du trio, et la capacité à transformer l’adversité en performance qui marquent cette édition 2026.

Une équipe, un esprit, une promesse pour 2026

Ces 24 Heures de Daytona iRacing ne sont pas une fin. Elles sont un point de départ.
Un rappel de ce qui fait l’essence de MEKAeSport : le collectif, la résilience, et la passion du sport automobile, même virtuel, vécu avec le même sérieux que le réel.

Le prochain rendez-vous est déjà pris pour les prochaines 24 heures de la saison sur l’enfer vert de la Nordschleife.
Et une chose est sûre : MEKAeSport est bel et bien de retour dans le monde de l’endurance.